Street Art : Interview – GZUP

Artiste de l’ombre, il ne sort que la nuit. Ces œuvres, des pieuvres aux formats et couleurs variées, ornent les murs de tous les coins de rues de Paris. GZUP, pseudo inspiré de la chanson « GZ UP, HOES DOWN » de Snoop Doggy Dogg, est l’un des artistes parisiens les plus prolifiques. Impossible de n’avoir jamais remarqué l’une de ses pieuvres ; il les collent dans les lieux les plus fréquentés de Paris. Découvrez ici, son art, son univers et son ressenti sur l’essor du Street Art.

Gzup

Comment as-tu débuté dans le Street Art ?

J’ai commencé dans les années 90 par le tag puis le graff. Mon retour ne date que de fin 2010.
Ma démarche actuelle est entièrement solo. Taguer dans le métro, dans la rue représentait vraiment quelque chose de fort pour moi quand j’ai commencé, quelque chose de très peu rationnel mais tellement jouissif.


Tes proches/ta famille se doutent-ils que tu fais cela ? As-tu déjà eu des ennuies en raison de ton activité ?

Les gens qui le savent se comptent presque sur les doigts d’une main. Pour le reste je suis une tombe. J’ai eu des ennuis avec la police dans les années 90. Depuis je croise à chaque virée nocturne les forces de l’ordre mais sans avoir été inquiété. Il faut dire que je fais tout pour ne pas me faire prendre en flag. Sur un spot je peux attendre 30 minutes avant de décider que le moment est propice ou non. En même temps s’il n’y avait pas ce jeu de chat qui veut attraper la souris le jeu n’en vaudrait plus la chandelle. Le côté illégal compte beaucoup à mes yeux.


Comment en es-tu arrivé à coller des pieuvres ?

A mes débuts mes inspirations c’était les tags dans mon quartier, les potes au collège. Depuis fin 2010 j’ai décidé de faire des pieuvres en référence à la pieuvre vidéo ludique que l’on peut trouver dans le jeu Wonderboy sur Sega master system. J’ai commencé par le faire directement à la bombe sur les murs puis avec des collages bois. Je n’ai aucune formation en art plastique. Mais cela ne m’aurait pas déplu de m’orienter dans cette voie ; j’y ai même songé à une époque… Evidemment des gens comme Keith Haring représente énormément pour moi, mais également les bombers du métro New-Yorkais par exemple qui sont également des précurseurs du Street art.

D’ou te viennent tes inspirations ?

Mes inspirations sont diverses et variées. Le seul point commun c’est que je représente des choses que j’affectionne : J’ai deja fait une pieuvre « ananas » ; je n’en ferai jamais pour les choux de Bruxelles par exemple. Sinon je suis un gros fan de manga, comics, science fiction il est donc évident que cela m’influence dans le design de mes pieuvres.

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Certaines de tes pieuvres ont-elles déjà été volées ? Comment fais tu pour les rendre plus pérennes ?

Il y a un peu plus d’un an il y a eu une grosse vague d’arrachage dans le marais par exemple. Cela me rendait fou qu’un collectionneur arrache à tout va puisqu’il semble qu’il s’agissait bien de cela, des oeuvres d’autres artistes subissaient le même sort dans les environs. Suite à cela il a fallu que je m’adapte pour être encore plus fort. C’est ainsi que l’on trouve maintenant mes pieuvres 2 fois plus hautes qu’elles ne l’étaient auparavant ; Environ à 7m du sol. Autant dire qu’a cette hauteur plus aucune n’est arrachée ni par la voirie ni par personne d’autre.
De tout manière, elles seront détériorées par le temps, au fil des années. Mais c’est à moi de trouver une parade à ça. J’ai déjà essayé la résine pour milieu humide mais le constat est très mitigé. Le bois nautique reste pour le moment la meilleure solution dans le temps.
Paris est à priori « ton terrain de jeu » préféré, mais tu colles aussi tes pieuvres à Rennes, Lille et d’autres grandes villes. Désormais, lorsque tu voyages, en emmènes-tu 2-3 avec toi ?

Non je ne marche pas comme ca. Par exemple quand j’ai été à Lille je suis parti à 22h (de la région parisienne) avec 20 pieuvres que j’ai collé dans la nuit, à 8h du matin j’etais chez moi.
J’ai un rythme de sortie bien calé et éprouvé ; je colle toutes les 2 semaines un minimum de 8 pièces par sorties. Même s’il m’est déjà arrivé dans le passé de sortir toutes les semaines et d’en poser a chaque fois une dizaine. Je marche en 3 cycles pour la création : un crayonné sur papier, un pochoir si necessaire a taille réel puis la mise en oeuvre sur contreplaqué bois. Je fais toujours en sorte d’avoir de l’avance sur mes futures productions, les 20 prochaines sont déjà dans la tête c’est une course contre la montre persistante; mon but étant de faire des pieuvres chaque fois différente. Certains « street artistes » répètent toujours le même modèle mais là n’est pas mon but. Si tel était le cas j’en aurais collé le triple mais je n’en voit pas l’intêret. Le fait de me renouveller permet également de ne pas me lasser. J’ai posé à ce jour (juillet 2013) 446 pieuvres sur bois à Paris et une cinquantaine en province.

Trouves-tu que la vision du Street Art a changé ces dernières années ?

J’ai vraiment du mal avec cet effet de mode, les merguez party qui y sont associés… On a perdu en authenticité et c’est vraiment dommageable. N’importe quel mec se sent pousser des ailes, se prend pour Banksy et essaye de créer un business lucratif. Après je ne pense pas que d’être un mec qui vendent beaucoup et cher signifie d’etre un vrai mec qui s’active dans la rue. On la vu par exemple avec Mr Brainwash. On est rentré dans l’aire du marketing et du buzz. J’essaye juste de rester authentique, de ne pas m’éparpiller…

Que penses-tu de ces artistes urbains qui exposent maintenant en galerie ?

Je pense malheureusement que l’opportunisme de certains est saisissant.
Combien font du Street art pour le fun uniquement et sans l’optique de vendre n’importe quoi derrière ? J’ai déjà vendu une quinzaine de pièces en galerie lors d’une exposition collective ; je l’ai fait car beaucoup m’en avait demandé. Mon but n’étant pas de vendre à tout prix, ce n’est pas le plus important pour moi. Le but étant d’être reconnu dans la rue au contraire d’etre Bankable en galerie.

Page Facebook : https://www.facebook.com/pages/GZUP-Streetart/410952105595624?ref=ts&fref=ts

Flickr : https://www.flickr.com/photos/gzup/with/8272758828/

3 réflexions sur “Street Art : Interview – GZUP

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